Sécurité hydrique : Rs 37,5 milliards nécessaires pour remplacer 1 500 km de tuyaux

ByRédaction

July 16, 2026

Le remplacement de l’ensemble des 1 500 kilomètres de tuyaux identifiés dans le cadre de la réduction des pertes d’eau coûterait environ Rs 37,5 milliards. Face à l’ampleur de cet investissement et aux effets du changement climatique, le gouvernement envisage également le dessalement comme une solution complémentaire, notamment dans le Nord.

Le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, a affirmé que le dessalement ne remplacera pas les efforts visant à réduire le non-revenue water, c’est-à-dire l’eau produite mais perdue avant d’être facturée. Les deux stratégies sont appelées à être menées de manière complémentaire.

Plusieurs actions sont déjà en cours pour réduire les pertes, notamment le remplacement d’environ 114 kilomètres de conduites grâce à une ligne de crédit indienne, le remplacement de compteurs défectueux, le déploiement de systèmes de télémétrie et de télésurveillance pour détecter les fuites, ainsi que des travaux ciblés de remplacement de tuyaux dans différentes régions.

Une enveloppe de Rs 2,9 milliards est prévue dans le cadre de la ligne de crédit indienne, tandis que Rs 792 millions ont été budgétés pour les actions liées à la réduction du non-revenue water.

Une usine de dessalement dans le Nord

Le gouvernement étudie la mise en place d’une unité de dessalement alimentée à l’énergie solaire dans le Nord, une région confrontée à des difficultés persistantes d’approvisionnement et à une demande croissante liée aux développements résidentiels, agricoles, commerciaux et touristiques.

Une étude de faisabilité doit déterminer la possibilité de construire une ou plusieurs usines d’une capacité comprise entre 10 000 et 50 000 m³ d’eau par jour.

Quatre candidats présélectionnés ont été invités à soumettre leurs offres. Les propositions doivent être reçues au plus tard le 24 juillet 2026. L’étude devrait démarrer en septembre et durer entre huit et dix mois.

Elle devra notamment analyser les sites potentiels, les coûts d’investissement et d’exploitation, le modèle financier ainsi que les technologies adaptées à la gestion des rejets.

Les autorités marocaines et saoudiennes ont également été sollicitées pour leur expertise dans le domaine du dessalement à grande échelle.

Mare aux Vacoas à 45 %

La situation de Mare aux Vacoas demeure préoccupante. Le niveau de remplissage du réservoir est descendu à environ 45 %, alors que le taux moyen de remplissage des autres réservoirs est estimé à 66,5 %.

Selon le ministre, cette situation s’explique principalement par une pluviométrie particulièrement faible dans la région. Les canaux et rivières alimentant Mare aux Vacoas sont également largement asséchés.

Le ministre a par ailleurs souligné que Maurice ne dispose pas encore d’un système permettant de transférer facilement l’eau d’un réservoir à un autre, contrairement à Rodrigues, où un réseau de réservoirs joue un rôle de « colonne vertébrale » pour la sécurité hydrique de l’île.