La décision de placer une partie importante du groupe SODIAT sous administration judiciaire continue de susciter de vives réactions à Madagascar. Les proches de l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga sont montés au créneau cette semaine pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une intervention brutale dans la gestion d’un des plus importants groupes privés du pays.
Dans une déclaration rendue publique, l’entourage de l’entrepreneur affirme que les propriétaires des sociétés concernées n’ont jamais été consultés avant la mise en place de cette administration provisoire. Selon eux, les décisions ont été prises sans concertation et sans que les actionnaires ne puissent faire valoir leurs observations.
Au cœur de la controverse figure la nomination d’un administrateur judiciaire chargé de superviser plusieurs filiales du groupe. Pour les proches de Mamy Ravatomanga, cette mesure dépasse largement le cadre d’une simple procédure conservatoire. Ils estiment qu’elle constitue une véritable prise en main des entreprises alors même qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée contre leurs dirigeants.
L’entourage de l’homme d’affaires affirme également que cette situation risque d’envoyer un signal négatif aux investisseurs nationaux et étrangers. Selon eux, le respect du droit de propriété, la sécurité juridique et la prévisibilité des décisions économiques constituent des éléments essentiels pour préserver la confiance dans le climat des affaires.
De son côté, le gouvernement défend fermement sa position. Les autorités soutiennent que cette administration provisoire vise avant tout à préserver les actifs du groupe, à garantir la continuité des activités économiques et à protéger les intérêts des salariés, des créanciers et des partenaires commerciaux durant les procédures judiciaires en cours.
Pendant ce temps, Mamy Ravatomanga demeure en détention à Maurice dans le cadre d’affaires liées notamment à des soupçons de blanchiment d’argent et d’association criminelle. Sa demande de remise en liberté sous caution ayant été rejetée, l’homme d’affaires reste au centre d’un dossier aux ramifications judiciaires, économiques et politiques de plus en plus importantes.

