Trafic de drogue Madagascar–Maurice : la FCC sur les traces du mystérieux “Vida Loca”, bailleur de fonds du réseau Appaya

ByRédaction

October 27, 2025

L’enquête sur le trafic international de drogue entre Madagascar et Maurice franchit un tournant majeur. Les investigations de la Financial Crimes Commission (FCC), désormais appuyées par le rapport confidentiel du Pôle Anti-Corruption (PAC) de Madagascar, révèlent les contours d’un réseau tentaculaire mêlant trafic, blanchiment et financements occultes. Au centre de cette toile bien ficelée, un nom revient avec insistance : “Vida Loca”, un Franco-Mauricien au train de vie luxueux, soupçonné d’avoir soutenu financièrement le clan Appaya et orchestré plusieurs opérations depuis la Thaïlande.

Un réseau digne d’un scénario hollywoodien

Au cœur de cette affaire, un Mauricien, Jean Noël Ferry, aujourd’hui détenu à Antananarivo, qui affirme s’être infiltré dans le réseau pour aider la police mauricienne à le démanteler.Ses révélations, corroborées par des preuves digitales — messages, photos, appels enregistrés —, dressent le portrait d’un système criminel d’une redoutable organisation, opérant entre Madagascar, Maurice, le Pakistan et la Thaïlande.

Ferry aurait participé à des réunions secrètes, suivi des instructions codées et observé les transferts d’argent et de stupéfiants. Mais ce qui devait être une infiltration contrôlée s’est transformé en piège : il a été arrêté, isolé, et laissé pour compte.
Selon ses proches, il aurait pourtant informé les autorités mauriciennes avant son départ, espérant être soutenu dans sa mission. Aujourd’hui, il attend son procès à Tana, dans l’espoir que Maurice intervienne diplomatiquement pour obtenir sa libération.

Vida Loca : le cerveau tapi en Thaïlande

Mais le véritable protagoniste de ce réseau ne serait autre qu’un certain “Vida Loca”, de son vrai nom Jeevanji Maurice Vitto Laurent, un Mauricien naturalisé Français, vivant entre Bangkok et Pattaya. Ce personnage, à la fois mystérieux et flamboyant, est décrit par plusieurs témoins comme le financier principal du réseau.Propriétaire de villas luxueuses à Flic en Flac, amateur de poker et de vie glamour, Vida Loca menait grand train sur les réseaux sociaux, affichant sa fortune sans pudeur.

Selon les informations obtenues par la FCC, il aurait financé plusieurs opérations de Wendip Appaya — récemment libéré —, notamment le paiement de billets d’avion et la logistique de voyages reliant Dubaï, la Réunion, Madagascar et la Thaïlande.
Un mandat d’arrêt international aurait été émis contre lui, après que son nom ait été cité dans plusieurs échanges téléphoniques interceptés.

Une conversation accablante

Le rapport du PAC mentionne un épisode précis : un appel en conférence, en janvier, entre Jean Noël Ferry, Edouard, Lino Albert, Kevin et Rony.Durant cette conversation, Vida Loca aurait donné des instructions directes sur la manière d’acheminer la drogue vers Maurice, tout en menaçant de mort Edouard, qu’il accusait de trahison.
Des extraits audio de cette réunion auraient été remis aux enquêteurs, confirmant la nature hiérarchique du réseau et le contrôle étroit exercé depuis la Thaïlande.

Du côté mauricien, la Financial Crimes Commission suit désormais la piste des bailleurs de fonds, convaincue que le cœur du réseau n’est pas à Tana, mais bien à Bangkok.
Les autorités malgaches ont confirmé que le rapport complet du PAC a été transmis à Port-Louis, contenant les identités, mouvements bancaires et preuves numériques des protagonistes.Des mandats d’interpellation internationaux devraient être lancés prochainement, notamment contre Vida Loca et ses complices présumés.

Nouvel interrogatoire pour Wendip Appaya

Si Wendip Appaya pensait avoir tourné la page après sa libération, l’enquête prend désormais un tournant financier. Les enquêteurs veulent comprendre qui finançait ses déplacements, ses connexions et ses opérations. Les noms qui circulent évoquent un véritable consortium du crime, reliant les trafiquants de l’océan Indien à ceux de l’Asie du Sud-Est.Le dossier n’en est qu’à ses débuts, mais déjà, une chose est sûre : la FCC ne lâchera pas prise. Selon nos informations, il devrait être de nouveau interrogé cette semaine. Ce nouvel interrogatoire, jugé déterminant, pourrait éclairer davantage le rôle réel de l’homme d’affaires dans cette affaire qui ne cesse de se complexifier.