140ᵉ anniversaire d’Emmanuel Anquetil (1885‑2025) : Un nom à ne jamais oublier

ByRédaction

August 18, 2025

Emmanuel Jean-Baptiste Caromi Anquetil, né le 18 août 1885, est un symbole du syndicalisme mauricien. Homme de conviction et militant engagé, il consacra toute sa vie à la défense des plus démunis, aux côtés de figures telles qu’Adolphe de Plevitz et Pandit Sahadeo, qui luttaient contre l’injustice subie par les laboureurs et artisans des sucreries de l’île.

Un engagement familial et politique

En 1922, Emmanuel épousa Sinah Lane, militante du Parti travailliste britannique. Ses désaccords avec la gauche du parti renforcèrent sa détermination. De retour à Maurice, il fonda avec le Dr Maurice Curé le Parti Travailliste. L’oligarchie sucrière s’opposait à sa présence auprès des laboureurs « lor tablisma bitasion », ce qui explique son engagement révolutionnaire et sa déportation vers l’île Rodrigues lors de l’année de braise de 1937.

La lutte pour la représentation des travailleurs

Au-delà du syndicalisme, Anquetil participa aux débats pour une révision équitable de la constitution. Il insistait pour que les travailleurs soient représentés à l’Assemblée législative et utilisait ses discours publics pour défendre ses idéaux de gauche et de justice sociale.

Une alliance avec Curé et Sahadeo

Avec le Dr Maurice Curé et Pandit Sahadeo, Anquetil mobilisa les travailleurs, notamment au sein des communautés hindoues rurales. Ensemble, ils défièrent l’oligarchie sucrière et les autorités coloniales britanniques, malgré les tentatives de division basées sur le communalisme.

L’éducation des laboureurs : une priorité

Comme Manilall Doctor, Anquetil insistait sur l’éducation des travailleurs pour qu’ils sachent gérer leurs syndicats et discerner leurs véritables alliés. Cette conscientisation ouvrière permit l’émergence d’une lutte des classes structurée et renforça la solidarité entre travailleurs.

Répressions et sacrifices

Les soulèvements de 1937 et 1943 entraînèrent répressions et jugements arbitraires, destinés à décourager les militants. La santé d’Anquetil, fragile, fut mise à rude épreuve par ces années de lutte. Il s’éteignit en 1946, à l’âge de 62 ans, miné par une pneumonie.

La relève et l’héritage

Son combat fut repris par Guy Rozemont, qui mourut prématurément en 1956 à l’âge de 42 ans. Ces hommes ont façonné l’histoire du mouvement ouvrier à Maurice. Les générations futures doivent se souvenir et saluer la contribution de ces illustres tribuns qui ont défendu la justice sociale et les droits des travailleurs.