À La Réunion, plus de 8 000 informations préoccupantes concernant des enfants en danger ont été recensées sur une seule année, selon l’Union des femmes réunionnaises. Ces chiffres alarmants s’inscrivent dans un contexte de forte inquiétude autour des violences faites aux mineurs et de la prise en charge des signalements.
Ce sujet a été relancé après la médiatisation de l’affaire de la petite Lyhanna, qui a suscité une vive émotion et ravivé le débat sur le traitement des cas de pédocriminalité en France et dans les territoires. Le ministre de la Justice en France a par ailleurs demandé l’accélération du traitement de près de 70 000 plaintes liées à des faits impliquant des mineurs, avant le 14 juillet.
Sur le terrain, les associations alertent sur des délais jugés trop longs et un sentiment d’impuissance face à la multiplication des signalements. Jessy Yong Peng, présidente de l’association Écoute-moi, Protège-moi, Aide-moi (EPA), dénonce une situation où les victimes parlent, mais où les procédures peinent à suivre : selon elle, des cas graves restent en attente de traitement malgré des éléments transmis aux autorités.
Du côté des professionnels du droit, le constat est également critique. Me Léopoldine Settama, avocate au barreau de Saint-Denis, souligne la nécessité de renforcer la prévention, la réactivité et la prise en compte de la parole des enfants victimes, estimant que les dispositifs actuels restent insuffisants face à l’ampleur des situations signalées.
Dans ce contexte tendu, une mobilisation est prévue ce lundi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis, afin de réclamer une meilleure prise en charge des dossiers et une réponse judiciaire plus rapide face aux violences faites aux enfants.
Source: https://www.linfo.re/la-reunion

