L’entrée en vigueur du durcissement des sanctions liées à l’utilisation du téléphone portable au volant a suscité de nombreuses interrogations chez les automobilistes. Le Bluetooth est-il concerné ? Les kits mains libres sont-ils désormais interdits ? Combien de points seront retirés du permis ? Face aux questions soulevées ces derniers jours, le ministre du Transport terrestre, Osman Mahomed, a apporté plusieurs précisions lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Port-Louis.
Depuis minuit, les conducteurs surpris en train d’utiliser un téléphone portable ou un microphone tenu en main au volant s’exposent à des sanctions plus sévères. Le nombre de points de pénalité passe désormais de 3 à 6 points à une fourchette de 5 à 10 points sur le permis de conduire. L’amende forfaitaire, elle, reste inchangée à Rs 3 000.
Selon Osman Mahomed, cette mesure vise avant tout à renforcer la sécurité routière et à lutter contre l’une des principales causes de distraction au volant. Les chiffres avancés par le ministère indiquent que près de 17 % des infractions relevant du système de permis à points concernent l’utilisation d’un téléphone portable pendant la conduite.
« L’usage d’un téléphone tenu en main réduit considérablement l’attention du conducteur et augmente les risques d’accidents graves, voire mortels », a souligné le ministre.
Bluetooth et kits mains libres : pas de retrait de points
L’un des principaux points de confusion concernait l’utilisation des dispositifs mains libres. Le ministre a tenu à préciser que le nouveau régime de points de pénalité vise exclusivement les conducteurs utilisant un téléphone ou un microphone tenu en main.
Ainsi, les systèmes Bluetooth intégrés aux véhicules, les kits mains libres, les écouteurs et les oreillettes ne sont pas concernés par le retrait de points dans le cadre du permis à points.
Toutefois, Osman Mahomed a rappelé que leur utilisation reste encadrée par la législation existante. En vertu de la loi en vigueur depuis 2010, l’utilisation de dispositifs mains libres au volant demeure une infraction pouvant entraîner une amende pouvant atteindre Rs 10 000.
« Cette infraction n’est pas concernée par le système de permis à points, mais elle reste passible des sanctions prévues par la loi », a-t-il précisé.
Une mesure qui concerne tous les conducteurs
Le ministre a également souligné que ces nouvelles dispositions s’appliquent à tous les conducteurs, qu’il s’agisse d’automobilistes ou de motocyclistes.
Cette réforme intervient dans un contexte d’augmentation importante du parc automobile mauricien. Selon les chiffres communiqués, le nombre de véhicules enregistrés est passé de 465 052 à la fin de l’année 2024 à plus de 761 000 au 31 mai 2026.
Pour le gouvernement, cette hausse s’accompagne d’une augmentation des embouteillages, des accidents de la route et des comportements dangereux au volant. Le renforcement des sanctions vise ainsi à encourager une conduite plus responsable et à réduire les distractions susceptibles de mettre en danger les usagers de la route.
Interrogé sur les récents incidents de « road rage » survenus sur l’autoroute à Roche-Bois, Osman Mahomed a indiqué que les procédures nécessaires ont été enclenchées afin que ce type de comportement puisse être sanctionné conformément à la loi.

