Le Bureau du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) a annoncé, ce vendredi, qu’il a décidé de rayer un ensemble de charges provisoires dans plusieurs affaires de trafic de drogue, impliquant notamment Akil Bissessur, Avinash Bissessur, Doomila Devi Moheeputh ainsi que Vimen Sabapathee, l’activiste Jean Bruneau Laurette et son fils, Jean Luca Ryan Laurette.
Ces affaires, enregistrées devant différentes juridictions — notamment les tribunaux de Grand Port, Moka, Port-Louis et Rivière-Noire — avaient toutes pour point commun d’avoir été instruites et supervisées par la Special Striking Team (SST). Les prévenus, eux, n’ont cessé de contester les accusations, allant jusqu’à affirmer que les stupéfiants présentés comme preuves auraient été « plantés » par les enquêteurs.
Des accusations graves contre la SST
Le communiqué précise que ces allégations de « planting » visent directement des officiers de la SST, une unité de police spécialisée qui avait mené les opérations. Les suspects ont, de leur côté, saisi l’Independent Police Complaints Commission (IPCC), qui poursuit encore ses investigations. La conclusion de ces enquêtes pourrait s’avérer déterminante, selon le DPP, puisqu’elle pourrait éclairer certains aspects des dossiers, notamment la crédibilité des accusations portées contre la police.
Une décision motivée par l’équité
Le DPP souligne que les charges provisoires ont été déposées depuis 2022 et 2023, et que les tribunaux ont imposé aux accusés des conditions de liberté sous caution particulièrement strictes, incluant des Prohibition Orders. Maintenir ces charges indéfiniment, alors que des enquêtes complémentaires s’imposent, serait « injuste », estime le Bureau.
Ainsi, après consultation avec le Commissaire de Police, le DPP a décidé, « dans l’intérêt de la justice et de l’équité », de demander aux différentes juridictions de rayer les charges provisoires.
Pas un abandon des poursuites
Toutefois, le DPP insiste : cette décision ne signifie pas un classement sans suite. Les enquêtes devront être reprises et menées jusqu’au bout, y compris sur les accusations formulées par les suspects. Ce n’est qu’une fois l’ensemble des éléments examinés de manière « complète et équitable » que le Bureau pourra statuer sur d’éventuelles poursuites.
En clair, les charges tombent pour l’instant, mais les personnes concernées restent sous le coup d’enquêtes en cours. La suite dépendra des conclusions de l’IPCC et des investigations additionnelles ordonnées par le DPP.

