Ce samedi 2 août, c’est un air de renaissance qui a soufflé sur le Champ de Mars. Le public était là, nombreux, passionné, vibrant. La plus vieille piste de l’hémisphère sud, malmenée, piétinée, défigurée ces dernières années, a retrouvé son âme : celle d’un peuple qui vibre pour l’hippisme. Un retour du MTCJC – Mauritius Turf Club Jockey Club – orchestré avec une organisation sans faille, une ambiance électrique, et une programmation digne de ce nom. Oui, les courses hippiques sont de retour, et elles n’ont pas dit leur dernier mot.
Et dans cette atmosphère quasi cathartique, une silhouette a marqué les esprits : celle de Navin Ramgoolam. Présent au Champ de Mars, salué par le public, il incarne aussi – qu’on le veuille ou non – une époque où l’hippisme avait encore droit de cité, où le sport roi n’était pas réduit à une querelle de règlements, de permis et de règlements absurdes.
Car il faut le dire avec clarté : ce que le MSM a fait subir à l’hippisme mauricien est impardonnable. En l’espace de quelques années, ils ont réussi l’impossible : tuer une tradition vieille de deux siècles. Et cela au nom d’un agenda politique, d’un contrôle absolu, d’un entêtement pathétique à casser ce qui faisait vibrer des milliers de Mauriciens chaque samedi. Bruce Lee, ce « yes man » recyclé de circonstances, a été leur instrument docile. Celui qui cassait la maison pour mieux prétendre la reconstruire. Le Champ de Mars a été vidé, humilié, puis abandonné.
Aujourd’hui, ce retour en force du MTCJC est une gifle silencieuse, mais brutale, à ceux qui ont voulu enterrer notre culture turfiste. Le MSM a du sang sur les mains en ce qui concerne l’hippisme. Ce n’est pas une métaphore : en tuant le sport, ils ont tué un pan de notre identité. Et maintenant que les lumières se rallument, que les tribunes vibrent, que les jockeys étrangers assurent un spectacle de haut niveau, il serait bon que certains se taisent. À commencer par Bobby Hurreeram.L’ancien ministre a tenté de se refaire une virginité turfiste sur Facebook. Le public ne l’a pas oublié. Bobby, tu as été de ceux qui ont regardé l’hippisme se faire broyer sans jamais dire un mot. Aujourd’hui, venir poser des questions relève de l’hypocrisie. Tu t’es fait lyncher sur les réseaux, et à juste titre. Qu’on se comprenne bien : le MTCJC n’est pas parfait. Il y a des choses à dire, à améliorer, à réformer. Mais entre l’imperfection et la destruction, il y a un monde. Et ce samedi, ce monde-là était debout, rassemblé, vivant, vibrant.
Salutations donc au gouvernement Ramgoolam, pour avoir compris que le turf n’est pas qu’une affaire de paris ou de chevaux. C’est un héritage. C’est un espace de cohésion sociale. C’est une passion. Et c’est aussi, ne l’oublions pas, un secteur économique à part entière.
Le Champ de Mars revit. L’hippisme est de retour. Et avec lui, l’espoir que certaines traditions valent mieux qu’un calcul politique.

