El Niño : moins de pluie, plus de chaleur et une activité cyclonique relativement faible attendues

ByRédaction

August 18, 2026

La Mauritius Meteorological Services (MMS) suit de près l’évolution du phénomène El Niño, qui s’intensifie depuis juin 2026 et devrait atteindre son pic entre octobre et décembre. Cette situation pourrait se traduire par des températures supérieures à la normale et une pluviométrie légèrement déficitaire à Maurice durant les prochains mois.

La station météorologique tirent la sonnette d’alarme sur l’évolution du phénomène climatique El Niño et ses possibles conséquences sur les conditions météorologiques à Maurice et dans le bassin cyclonique du Sud-Ouest de l’océan Indien.

El Niño, phase chaude du phénomène ENSO (El Niño–Southern Oscillation), se caractérise par une hausse anormale des températures de surface de la mer dans les régions équatoriales centrale et orientale du Pacifique. À travers des mécanismes de téléconnexion, ce phénomène peut modifier les régimes de vents et de pression atmosphérique à plusieurs milliers de kilomètres de sa zone d’origine, avec des répercussions sur les températures, les précipitations et l’activité des phénomènes extrêmes.

Selon l’analyse de la station de Vacoas, les grands épisodes d’El Niño observés par le passé, notamment en 1957-58, 1972-73, 1982-83, 1997-98, 2015-16 et 2023-24, ont généralement été associés à une pluviométrie estivale cumulée proche de la normale à Maurice, mais à des températures supérieures aux normales saisonnières.

Ces épisodes ont également été caractérisés par une activité cyclonique relativement moins importante dans le bassin du Sud-Ouest de l’océan Indien.

Des pluies légèrement déficitaires jusqu’en novembre

Pour les mois à venir, la station météo prévoit une pluviométrie légèrement inférieure à la normale entre août et octobre 2026, avant un retour à des conditions proches de la normale en novembre.

Les prévisions indiquent environ 85 mm de pluie en août, soit 80 % de la moyenne à long terme, 70 mm en septembreet 60 mm en octobre, également autour de 80 % de la normale. Pour novembre, les précipitations devraient atteindre environ 75 mm, soit 90 % de la moyenne à long terme.

Cette situation intervient alors que Maurice connaît déjà un déficit pluviométrique. La station de Vacoas utilise notamment le Standardised Precipitation Index (SPI) pour suivre les déficits de précipitations susceptibles d’entraîner des périodes sèches prolongées.

Des valeurs négatives du SPI ont été enregistrées au cours des mois de mai, juin et juillet 2026, avec une moyenne sur trois mois de -0,17. Malgré une période temporairement plus humide durant la seconde moitié de juin, celle-ci n’a pas suffi à compenser le déficit accumulé.

Des températures au-dessus des normales

L’autre conséquence attendue concerne les températures. La présence d’El Niño, combinée à la possibilité d’un IOD positif, pourrait favoriser des températures supérieures aux normales durant l’été 2026-2027.

Elle prévoit ainsi des épisodes de chaleur plus fréquents, avec un risque accru de périodes de températures anormalement élevées.

Toutefois, les services météorologiques soulignent que l’évolution de plusieurs autres phénomènes climatiques, notamment l’Indian Ocean Dipole (IOD), le Subtropical Indian Ocean Dipole (SIOD) et la Madden-Julian Oscillation (MJO), pourrait modifier cette tendance et accroître l’incertitude des prévisions.

Ces différents phénomènes peuvent en effet interagir avec El Niño et, dans certains cas, en atténuer ou en renforcer les effets sur l’océan Indien.

Une activité cyclonique relativement faible, mais pas sans risque

Concernant les cyclones, l’analyse historique de la station de Vacoas montre que les épisodes de très fort El Niño sont généralement associés à une activité cyclonique relativement faible dans le bassin du Sud-Ouest de l’océan Indien.

Cette tendance ne signifie toutefois pas que Maurice sera à l’abri d’un cyclone.

La MMS insiste sur le fait qu’une activité cyclonique globalement moins importante ne signifie pas l’absence de risque pour l’île. Un cyclone tropical peut toujours se former et affecter directement Maurice, même dans une saison caractérisée par une activité globale relativement faible.

Face à cette situation, les services météorologiques indiquent suivre attentivement l’évolution d’El Niño, mais également celle de l’IOD, du SIOD, de la MJO et des autres facteurs susceptibles d’influencer le climat régional.

L’évolution de ces systèmes pourrait notamment entraîner des variations par rapport aux prévisions actuelles. La MMS rappelle ainsi que des épisodes temporaires de conditions atmosphériques instables peuvent encore modifier le régime des pluies attendu au cours des prochains mois.

Pour l’heure, le scénario privilégié reste celui d’une période marquée par un déficit pluviométrique modéré, des températures plus élevées que la normale et une activité cyclonique globalement moins soutenue dans le bassin du Sud-Ouest de l’océan Indien, tout en maintenant une vigilance particulière face à la possibilité d’un impact direct sur Maurice.

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