Des divergences stratégiques seraient-elles en train d’émerger au sein du Fron Militan Progresis (FMP) ? Alors que la nouvelle plateforme politique tente de s’imposer dans le paysage politique, plusieurs sources proches du mouvement évoquent des désaccords grandissants sur son orientation, sa structure et son mode de fonctionnement. Au cœur des discussions : les rôles respectifs de Paul Bérenger et de sa fille, Joanna Bérenger, ainsi que la question sensible de la réorganisation des structures régionales.
Lancé officiellement au début du mois de mai 2026, le FMP avait suscité un certain enthousiasme parmi les militants et sympathisants en quête d’une nouvelle dynamique politique. Plusieurs réunions de travail, rencontres régionales et consultations avec d’anciens militants du Mouvement Militant Mauricien (MMM) ont été organisées à travers le pays afin de jeter les bases du mouvement et de préparer son implantation sur le terrain.
Cependant, à mesure que le projet prend forme, des divergences de vues apparaîtraient entre certains de ses principaux animateurs. Selon des informations recueillies auprès de plusieurs sources proches, Joanna Bérenger souhaiterait insuffler une nouvelle dynamique au mouvement en favorisant l’arrivée de nouveaux visages au sein des instances régionales.
Cette approche ne ferait toutefois pas l’unanimité. Selon un proche de Paul Bérenger, l’ancien leader du MMM privilégierait plutôt une restructuration des régionales en s’appuyant également sur l’expérience des anciens militants et cadres qui ont accompagné le combat militant durant plusieurs décennies.
« Il existe des nuances importantes dans la manière de concevoir l’avenir du mouvement. Joanna veut du renouveau et de nouvelles figures. Paul estime qu’il faut certes moderniser les structures, mais sans tourner le dos à ceux qui ont contribué à bâtir le mouvement militant au fil des années », explique cette source.
Ainsi, cette différence d’approche serait devenue plus visible ces dernières semaines à travers plusieurs dossiers internes. Une source affirme même que « père et fille ne semblent pas toujours accorder leurs violons sur certaines décisions stratégiques ».
L’affaire Jean-Claude Barbier ravive les spéculations
Les spéculations ont pris de l’ampleur à la suite de la polémique entourant l’ancien député du MMM, Jean-Claude Barbier. Dans un communiqué, le FMP a récemment tenu à démentir toute démarche officielle visant à intégrer l’ancien parlementaire dans ses rangs. Une prise de position qui a surpris plusieurs militants.
Jean-Claude Barbier n’a pas tardé à réagir publiquement. Il a affirmé n’avoir jamais entrepris de démarche pour rejoindre le FMP. Selon lui, ce sont plutôt des militants de la circonscription n°1 qui l’auraient approché afin qu’il participe aux activités de leur équipe régionale.
L’ancien député a également déclaré croire que Paul Bérenger aurait demandé aux responsables de la régionale concernée de l’inviter à collaborer avec eux. Tout en remerciant les personnes qui avaient soutenu cette initiative, Jean-Claude Barbier a indiqué être étonné par la tournure des événements.
Selon ses déclarations, la controverse suscitée par cette affaire aurait désormais rendu tout rapprochement difficile, du moins dans l’immédiat. Cet épisode a relancé les interrogations sur les mécanismes de prise de décision au sein du FMP. Certains militants se demandent notamment qui détient réellement l’autorité politique au sein du mouvement et quelle direction celui-ci entend suivre dans les mois à venir.
Un mouvement à la recherche d’une identité
Du coup, le principal défi du FMP reste aujourd’hui de définir clairement son identité politique et son mode de gouvernance. « Le mouvement traverse une période délicate. Il existe beaucoup d’attentes, mais les militants ont également besoin de savoir qui dirige réellement le projet et quelle est la feuille de route », confie une source proche du mouvement.
Cette même source estime que les divergences de perception entre les différentes sensibilités du FMP ralentiraient sa progression sur le terrain.
« Le mouvement peine à décoller comme certains l’espéraient. Les débats internes sont normaux dans toute organisation politique, mais lorsqu’ils deviennent visibles publiquement, cela peut créer de la confusion parmi les sympathisants », soutient-elle.
Depuis son lancement, le FMP a multiplié les rencontres avec ses partisans et poursuivi ses travaux de structuration à travers plusieurs régions du pays. Toutefois, certains militants souhaiteraient désormais voir émerger une direction plus clairement identifiée afin d’éviter les interprétations contradictoires et les messages divergents.
Chetan Baboolall dans une position délicate
Dans ce contexte, le nom du député Chetan Baboolall revient régulièrement dans les discussions politiques. Certaines sources estiment que l’élu pourrait se retrouver dans une position inconfortable au sein de la nouvelle configuration politique. Présenté par certains comme l’un des visages montants du mouvement, il se retrouve aujourd’hui au cœur d’un environnement marqué par des débats stratégiques et organisationnels.
« Il y avait beaucoup d’attentes autour de lui. Mais tant que la question du leadership et de la direction politique du mouvement ne sera pas clarifiée, plusieurs figures du FMP risquent de se retrouver dans une situation d’attente », analyse-t-il.
Une chose est certaine : si le Fron Militan Progresis veut s’imposer comme une force politique crédible et durable, il lui faudra rapidement dissiper les doutes sur son leadership et afficher une vision cohérente.

