Harvin Soonarane à la tête de la CNT : cap sur la modernisation d’une institution en mutation

ByRédaction

July 7, 2025

La National Transport Corporation (CNT), l’une des plus anciennes compagnies de transport en commun de l’île Maurice, amorce un nouveau chapitre. Harvin Soonarane vient d’être nommé directeur général, succédant à Rao Ramah. Cette nomination intervient dans un contexte de remise en question des performances de la compagnie, minée par des défis structurels, une image ternie, et une nécessité de se réinventer pour rester pertinente dans le paysage du transport mauricien.

Créée dans les années 70, la CNT tire ses origines de l’ancienne « Vacoas Transport Service », une entreprise privée qui fut nationalisée lors de la grande réforme du transport public. Elle est depuis devenue un pilier du service de transport en commun dans le pays, desservant quotidiennement des milliers d’usagers à travers un réseau étendu. Pourtant, les dernières années ont été marquées par une érosion de la confiance du public, une vétusté du parc automobile, et une gestion souvent critiquée pour son manque d’efficacité.

La nomination d’Harvin Soonarane intervient dans cette zone de turbulences. Son prédécesseur, Rao Ramah, quitte la CNT dans un climat controversé. Plusieurs enquêtes internes avaient été ouvertes autour de la gestion de contrats, de pannes récurrentes, et du manque de transparence sur certains appels d’offres. Ces zones d’ombres ont entaché la réputation de l’organisme et posé la question d’une réforme en profondeur.

Pour Harvin Soonarane, le redressement passe par l’innovation. L’une de ses priorités est de tirer parti d’un outil déjà existant mais sous-utilisé : le fleet management system, une technologie de géolocalisation et de gestion en temps réel des autobus. Ce système, acquis pour environ Rs 25 millions, pourrait permettre d’optimiser les trajets, de réduire les temps d’attente, et d’améliorer l’expérience utilisateur. « Cet outil est sous-exploité alors qu’il peut devenir le cœur du service intelligent que nous voulons offrir », affirme le nouveau directeur.

Par ailleurs, d’autres chantiers l’attendent : renouvellement de la flotte, gestion du personnel, amélioration des relations avec les syndicats, lutte contre les pertes opérationnelles, et surtout, regagner la confiance du public.

L’ère Soonarane débute donc sur une note d’espoir mêlée à l’urgence d’agir. La CNT, si elle veut survivre et prospérer, devra concilier mémoire institutionnelle et vision d’avenir.