Il y a des parcours qui ne s’écrivent pas en un jour, mais au rythme des rencontres, des efforts et des passions qui grandissent avec le temps. Celui de Jean-Noël Ladouce a commencé avec une guitare apprise seul, avant de le mener vers le saxophone, les grandes scènes et les collaborations qui ont marqué la musique mauricienne. Saxophoniste reconnu, premier saxophone alto de l’Orchestre de la Police et membre du Ernest Wiehe Ten Piece Jazz Ensemble, il raconte une aventure musicale construite avec patience, curiosité et beaucoup de cœur.
Musicien, enseignant dans une ONG à Floréal et coach de Qigong et Tai Chi, Jean-Noël Ladouce est un homme aux multiples facettes. Avant les scènes, les festivals et les grandes collaborations, il y avait simplement un enfant attiré par les sons.
À l’âge de 9 ans, Jean-Noël Ladouce découvre la guitare. Sans formation particulière, il apprend seul, reproduit des chansons populaires et accompagne des mélodies qui font partie de son quotidien.
Quelques années plus tard, une émission radiophonique consacrée à la musique classique va profondément changer sa perception. « J’écoutais une émission dominicale sur la musique classique pendant mon adolescence. Cela a créé en moi cet engouement d’aller plus loin », confie-t-il. Il découvre alors la clarinette et commence son apprentissage auprès d’un membre de l’Orchestre de la Police. Une rencontre qui marquera ses premiers pas sérieux dans le monde musical.
De la clarinette au saxophone
À cette époque, Jean-Noël ne pense pas encore faire carrière dans la musique. Il rejoint la force policière, avec l’espoir de pouvoir intégrer un jour son orchestre.Il faudra attendre 10 ans avant que cette ambition devienne réalité.Mais pendant ce temps, une autre passion grandit : le jazz.
Le tournant arrive lors d’un concert à l’auditorium Octave Wiehe. « Le déclic pour le saxophone est venu lors d’un concert donné par un saxophoniste américain. J’ai été immédiatement attiré par cet instrument », se souvient-il. Il achète alors un saxophone alto d’occasion et commence seul son apprentissage.
Avec le temps, il développe sa maîtrise du saxophone alto, ténor et soprano. Sa recherche personnelle l’amène également à perfectionner sa formation avec des certifications reconnues, notamment l’ABRSM Saxophone Grade 8 et le Music Theory Grade 5. « Le saxophone est depuis devenu une partie de moi », dit-il.
Un son, des rencontres et des scènes inoubliables
Au fil des années, Jean-Noël Ladouce devient une présence incontournable de la scène musicale . Son passage comme premier saxophone alto de l’Orchestre de la Police constitue une étape importante. Mais c’est aussi son aventure avec le Ernest Wiehe Ten Piece Jazz Ensemble qui reste gravée dans sa mémoire.
« Jouer avec Ernest Wiehe a été une expérience extraordinaire. Nous avons fait des concerts partout dans l’île et enregistré un album », explique-t-il. Son saxophone l’a ensuite conduit vers de nombreuses collaborations avec des artistes mauriciens comme Sandra Mayotte, Gérard Louis, Richard Beaugendre, Bhojpuri Boys, ou Ras Minik.
Il a également partagé la scène avec la star internationale du gospel Dr Ron Kenoly, une expérience qu’il considère comme l’un des grands moments de sa carrière.
Son parcours l’a aussi amené à participer à des événements majeurs comme Blues Dan Jazz, Mama Jazz ou encore au Caudan Arts Center, ainsi qu’à un moment particulier : un mini-concert privé de Christophe Maé au Dinarobin Hotel.
Sa récente tournée à Madagascar avec les Sœurs Clarisse restera également une expérience marquante. Cette aventure lui rappelle une chose essentielle : la musique est un langage qui ne connaît pas de frontières. Mais jouer avec des artistes de haut niveau demande aussi beaucoup de préparation. « Avec les Sœurs Clarisse, il faut être à la hauteur, autant dans les arrangements que dans les improvisations », précise-t-il.
Transmettre pour préparer l’avenir
Jean-Noël Ladouce regarde la scène musicale mauricienne avec réalisme mais aussi avec espoir.Selon lui, les artistes ont encore besoin de davantage d’espaces pour se développer.Mais il croit au potentiel des jeunes et son conseil: « Il faut écouter différents styles de musique, ouvrir grand ses oreilles, pratiquer régulièrement et jouer avec des musiciens de niveau. »
Aujourd’hui encore, Jean-Noël Ladouce poursuit son aventure avec le groupe de jazz Evey, avec lequel il prépare de nouvelles compositions.

