Une démonstration anglaise, une Espagne toujours portée par Lamine Yamal et des Bleus freinés par l’Italie : cette troisième journée de Ligue des nations a offert des trajectoires contrastées. Tandis que l’Angleterre a écrasé la Croatie (7-0), la Roja a dominé la République tchèque (3-1). La France, elle, a dû se contenter d’un nul (1-1) pour les débuts de Zinédine Zidane au Stade de France comme sélectionneur.
L’Angleterre a signé la démonstration la plus spectaculaire de cette journée. À Rijeka, les hommes de Thomas Tuchel ont submergé une sélection croate incapable de contenir leur puissance offensive. Sept buts, cinq buteurs différents et une maîtrise collective impressionnante : les Three Lions ont transformé un déplacement annoncé comme délicat en véritable festival.Harry Kane a lancé les siens dès la huitième minute, trompant Dominik Livakovic d’un ballon piqué. Cette ouverture rapide a installé les Anglais dans leur match et annoncé une soirée particulièrement éprouvante pour la défense croate.
Jude Bellingham a ensuite conclu une longue séquence collective pour doubler la mise à la 21e minute. Omniprésent entre les lignes, le milieu offensif a dicté le rythme des attaques anglaises, multipliant les déplacements et les passes qui ont désorganisé ses adversaires. Son influence a largement dépassé son seul but.
Anthony Gordon a porté le score à 3-0 de la tête, sur un centre de Jarell Quansah, avant que Bukayo Saka ne profite d’un nouveau mouvement offensif pour inscrire le quatrième juste avant la pause. À la mi-temps, la rencontre avait déjà perdu tout suspense.
Kane et Saka voient double
L’Angleterre n’a pourtant pas relâché son effort. Kane a inscrit son deuxième but à la 53e minute, en reprenant un centre au second poteau. Saka l’a imité à la 68e, exploitant une erreur de transmission dans une défense croate totalement dépassée.
Tuchel a ensuite fait entrer plusieurs joueurs, sans casser la dynamique de son équipe. Morgan Rogers a parachevé le succès à la 87e minute : servi par Bellingham, il a contourné le gardien avant de pousser le ballon dans le but vide. Au-delà du score, cette prestation met en lumière la variété des solutions anglaises. Construction patiente, accélérations, centres et exploitation des erreurs adverses : les visiteurs ont trouvé plusieurs chemins vers le but. Avec six points, ils occupent la deuxième place du groupe 3, derrière l’Espagne.
Yamal lance encore la Roja
À Oviedo, les Espagnols ont également poursuivi leur parcours victorieux, même si leur succès contre la République tchèque a été moins tranquille que ne le suggère le résultat final.Lamine Yamal a une nouvelle fois donné le ton. Dès la sixième minute, l’ailier barcelonais a ouvert le score d’une superbe frappe enroulée du gauche. Déjà décisif lors des rencontres précédentes, il confirme son rôle central dans l’animation offensive espagnole.
Rodri a creusé l’écart à la 35e minute, concluant une transition rapide d’une frappe du plat du pied droit. À cet instant, la Roja semblait avoir pris une option confortable sur une troisième victoire consécutive.
Mais la seconde période a changé la physionomie de la rencontre. Moins incisifs après les sorties de Yamal et d’Alex Baena, les Espagnols ont laissé leurs adversaires reprendre confiance. Jiri Slama a réduit l’écart à la 69e minute, avant qu’un but de Ryan Naderi ne soit annulé pour obstruction, dix minutes plus tard. Mikel Merino a finalement délivré les siens à la 89e minute. Cette victoire permet à l’Espagne de conserver la tête avec neuf points et de prolonger sa série d’invincibilité à 41 rencontres. Luis de la Fuente a néanmoins reconnu les difficultés de son équipe, largement remaniée dans un calendrier particulièrement chargé.
La France déçoit pour les retrouvailles de Zidane
L’ambiance était festive au Stade de France, où Zinédine Zidane retrouvait le public français dans son nouveau rôle. Une ovation et un immense tifo l’ont accueilli, mais la prestation des Bleus n’a pas prolongé cet enthousiasme.Face à une Italie solide, les Français ont manqué de créativité et de précision. Les visiteurs se sont même procuré les meilleures occasions de la première période, notamment par Moïse Kean et Davide Frattesi.
Michael Olise a finalement débloqué la situation à la 55e minute, sur un magnifique coup franc après un décalage de Rayan Cherki. Mais Alessandro Bastoni a égalisé treize minutes plus tard, profitant d’un moment d’inattention défensive.L’exclusion de Dayot Upamecano, averti une seconde fois à la 85e minute, a compliqué la fin de rencontre. Mike Maignan avait auparavant dû intervenir pour empêcher Kean de donner l’avantage aux Italiens.
En l’absence de Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé n’a pas apporté l’impulsion attendue. Les Bleus restent leaders du groupe 1 avec sept points, mais leur rendez-vous contre la Belgique devra montrer davantage de maîtrise. Pour Zidane, ce premier accroc rappelle que son équipe reste en construction.

