UE–ESA : signature d’un nouvel accord économique stratégique pour renforcer le commerce et l’investissement
Un nouvel accord de partenariat économique (EPA) entre l’Union européenne (UE) et les États de l’Afrique orientale et australe (ESA) a été officiellement signé hier au Ravenala Attitude Hotel, à Balaclava. Ce texte modernisé vise à renforcer une coopération commerciale de longue date et à adapter le cadre de partenariat aux enjeux économiques mondiaux actuels.
L’accord rassemble plusieurs États de la région ESA, dont Maurice, Madagascar, les Comores et les Seychelles. Il marque une nouvelle étape dans les relations économiques entre ces pays et l’Union européenne, leur principal partenaire commercial.
La cérémonie de signature s’est déroulée en présence de plusieurs hauts responsables, notamment le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, la ministre des Services financiers, Jyoti Jeetun, le ministre de l’Industrie, Aadil Ameer Meea et l’ambassadeur de l’Union européenne, Oskar Benedikt.
Un cadre modernisé pour un partenariat élargi
Le nouvel EPA remplace l’accord précédent entre l’UE et les États de l’ESA. Il établit un cadre plus moderne, plus inclusif et mieux adapté aux évolutions du commerce international.
L’accord couvre un large éventail de domaines stratégiques, notamment le commerce des services, la libéralisation des investissements, le commerce numérique, la transparence dans les marchés publics, la propriété intellectuelle, les mesures sanitaires et phytosanitaires, ainsi que la facilitation des échanges douaniers.
Il inclut également des secteurs clés tels que la pêche et l’aquaculture, l’agriculture, les règles de concurrence et le développement durable, traduisant une volonté commune de lier croissance économique et exigences environnementales et sociales.
Maurice, plateforme stratégique dans la région
S’exprimant lors de la cérémonie, le ministre Ramful a qualifié la conclusion des négociations de « réalisation importante » pour les États concernés. Selon lui, ce nouvel accord ouvre des perspectives élargies pour les entreprises de la région et consolide la relation stratégique avec l’Union européenne.
Il a souligné que l’UE demeure un partenaire commercial majeur pour les pays de l’ESA, avec des échanges atteignant environ 9,5 milliards d’euros en 2025. Le nouvel accord devrait permettre de renforcer les investissements directs étrangers et d’élargir les opportunités dans des secteurs tels que les services financiers, les technologies de l’information, le tourisme et les services professionnels.
Pour Maurice, cet accord représente également un levier important pour consolider son positionnement comme plateforme financière et commerciale régionale.
Un marché de plus de 450 millions de consommateurs
Le ministre a également mis en avant l’accès élargi au marché européen, qui représente plus de 450 millions de consommateurs. Selon lui, cette ouverture constitue une opportunité majeure pour diversifier les exportations, favoriser la création de valeur ajoutée et renforcer l’intégration des entreprises de la région dans les chaînes de valeur mondiales.
Il a toutefois insisté sur un point essentiel : le succès de cet accord dépendra de sa mise en œuvre effective. Dans cette optique, un Forum d’affaires UE–ESA sera mis en place afin de faciliter les échanges entre les secteurs privés des différentes régions partenaires.
L’Union européenne réaffirme son engagement
De son côté, l’ambassadeur de l’Union européenne, Oskar Benedikt, a réaffirmé l’engagement de l’UE à soutenir ses partenaires africains dans leurs efforts de développement économique. Il a souligné le rôle croissant de l’Afrique dans les dynamiques mondiales d’investissement, notamment dans les domaines du commerce, des infrastructures, des compétences et de la coopération régionale.
Il a également précisé que l’accord reste ouvert à d’autres États souhaitant rejoindre le partenariat, et qu’il constitue le premier EPA de ce type conclu avec un ensemble de pays d’Afrique subsaharienne dans ce format élargi.
Les États de l’ESA saluent un accord structurant
Les représentants de Madagascar, des Seychelles et des Comores ont, pour leur part, salué un accord qu’ils considèrent comme un outil clé pour renforcer leur intégration dans le système commercial mondial. Ils ont réaffirmé leur engagement en faveur d’un partenariat orienté vers le développement, capable de stimuler la croissance inclusive, d’attirer les investissements et d’ouvrir de nouvelles opportunités économiques.
Selon eux, ce nouvel EPA constitue un cadre stratégique pour renforcer les liens non seulement avec l’Union européenne, mais aussi entre les États de la région ESA eux-mêmes.
Avec cette signature, l’Union européenne et les pays de l’ESA entendent ainsi consolider un partenariat économique plus moderne, plus équilibré et tourné vers les enjeux du commerce mondial de demain.

