À l’occasion de sa première encyclique, le pape Léon XIV a appelé à « désarmer l’intelligence artificielle », estimant que cette technologie doit rester un outil au service de l’être humain et non devenir un instrument de domination ou de contrôle.
Dans son message adressé aux fidèles, le souverain pontife insiste sur le fait que l’IA touche désormais l’ensemble de la société, sans distinction. Selon lui, enfants, personnes âgées et populations vulnérables sont tous concernés par les transformations rapides induites par ces technologies. Il appelle ainsi à une prise de conscience collective et à une meilleure éducation du public face à l’essor de l’intelligence artificielle.
Le pape met en avant plusieurs risques majeurs liés à ces systèmes. Il évoque notamment l’utilisation massive des données personnelles, le manque de transparence de certains algorithmes, ainsi que les biais pouvant conduire à des formes de discrimination dans l’accès à l’emploi, aux soins ou à d’autres services essentiels. Il alerte également sur le développement potentiel de systèmes autonomes, y compris dans le domaine militaire.
Selon ses propos, certaines évolutions technologiques pourraient conduire à des systèmes d’armes automatiques difficiles, voire impossibles à contrôler, ainsi qu’à des décisions algorithmiques reposant sur des données injustes ou biaisées. Il dénonce ainsi l’émergence possible de nouvelles formes de dépendance ou d’“esclavage” numérique.
Des experts du secteur de l’intelligence artificielle partagent certaines de ces préoccupations. Ils soulignent que ces outils deviennent progressivement omniprésents dans la vie quotidienne, influençant aussi bien le travail, la santé que les relations sociales. Plusieurs d’entre eux estiment que les laboratoires de recherche ne peuvent pas, à eux seuls, répondre aux enjeux éthiques et sociétaux posés par ces technologies.
L’intelligence artificielle est déjà utilisée dans de nombreux domaines, notamment pour accélérer la recherche scientifique ou améliorer les systèmes de santé. Cependant, l’absence de cadre juridique international clairement défini alimente les inquiétudes concernant ses usages potentiellement détournés.
Dans ce contexte, l’appel à « désarmer l’intelligence artificielle » ne vise pas à freiner l’innovation, mais à encadrer strictement les usages les plus sensibles afin de garantir le respect de la dignité humaine face à une technologie en pleine expansion.

