La police indienne a dispersé ce lundi à New Delhi un cortège de plusieurs milliers de personnes qui tentait de se diriger vers le Parlement pour dénoncer les fraudes aux examens universitaires et réclamer la démission du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan.
Les forces de l’ordre, déployées en nombre dans la capitale, ont chargé les manifestants à coups de matraque près de l’esplanade où ils s’étaient rassemblés, selon un journaliste de l’AFP. Plusieurs participants ont également été interpellés.
La mobilisation avait été organisée à l’appel du « Parti du peuple des cafards », un mouvement lancé récemment en ligne et qui attire un nombre croissant de jeunes Indiens. Les manifestants souhaitaient rejoindre le Parlement fédéral, dont la session estivale s’est ouverte lundi.
« Nous voulons que le gouvernement nous entende, pas qu’il nous fasse taire », a déclaré à l’AFP l’un des protestataires, K.M. Gulshan.
La police de Delhi avait prévenu dès dimanche que la marche n’était pas autorisée et avait déployé d’importants effectifs autour du Parlement et des bâtiments publics. Les autorités avaient averti que toute personne participant à cette marche s’exposait à des poursuites pénales.
Dès l’ouverture de la session parlementaire, le chef de l’opposition à la chambre haute, Mallikarjun Kharge, a dénoncé le recours à la force contre les manifestants.
« Le gouvernement essaie d’utiliser la force pour les faire taire », a-t-il déclaré à la tribune, estimant que le mouvement concernait « l’avenir de centaines de milliers de nos enfants ».
Une colère grandissante chez les jeunes
Lancé en mai par un étudiant indien récemment diplômé aux États-Unis, le mouvement des « cafards » cherche à canaliser la colère grandissante face aux scandales et aux dysfonctionnements qui touchent régulièrement les examens de l’enseignement supérieur.
En mai, une fraude avait notamment entraîné l’annulation d’un examen auquel avaient participé plus de deux millions de candidats souhaitant intégrer des études de médecine. Cette décision aurait été suivie, selon les médias locaux, par plusieurs suicides de candidats.
Ces dernières semaines, le mouvement a organisé des rassemblements dans plusieurs villes du pays et attiré de nombreux jeunes confrontés à des difficultés d’insertion professionnelle malgré la forte croissance économique de l’Inde.
« Notre pays mérite un gouvernement qui écoute ce que les jeunes ont à dire et qui est prêt à corriger ses erreurs », a déclaré une manifestante de 16 ans, Shubhi Rao.
Le mouvement bénéficie également du soutien de Sonam Wangchuk, une figure de la société civile indienne, qui avait entamé une grève de la faim le 28 juin pour appuyer ses revendications.
Âgé de 59 ans, l’activiste avait été hospitalisé de force samedi par la police alors que son état de santé suscitait de plus en plus d’inquiétudes. Son épouse, Gitanjali J. Angmo, a dénoncé une « détention illégale ».
À la suite de cette hospitalisation, le fondateur du mouvement, Abhijeet Dipke, a annoncé qu’il entamait à son tour une grève de la faim illimitée.
La contestation pourrait ainsi se poursuivre, alors que les manifestants réclament davantage de transparence dans l’organisation des examens et une réponse politique aux inquiétudes grandissantes de la jeunesse indienne.

