Le projet Le Bouchon Development Company Ltd est entré dans une phase cruciale cette semaine devant l’Environmental and Land Use Appeal Tribunal. Après plusieurs audiences consacrées à l’examen des arguments techniques et une visite du site mercredi 15 juillet, le président du conseil de village de Le Bouchon, Cadress Valaydon, a déposé devant le tribunal vendredi 17 juillet.
L’Environmental and Land Use Appeal Tribunal s’est rendu sur le site du projet Le Bouchon mercredi 15 juillet. Les membres du tribunal ainsi que les représentants des différentes parties ont pu observer directement la configuration du terrain, le périmètre concerné par le développement et la proximité des zones considérées comme sensibles.
Cette visite est intervenue alors que les audiences se sont intensifiées ces dernières semaines. Des séances se sont notamment tenues les 29 juin, 1er juillet et 2 juillet, consacrées à la poursuite de l’instruction et à l’examen des éléments techniques versés au dossier.
Le Président du conseil de village de Le Bouchon, Cadress Valaydon, a déposé devant le tribunal vendredi 17 juillet. À l’issue de sa déposition, il s’est dit confiant quant à l’issue de l’affaire. Cadress Valaydon a fermement défendu la nécessité d’un développement économique dans la région. Il a par ailleurs déploré qu’Eco-Sud n’aurait jamais organisé de réunion avec les habitants du village afin de discuter directement du projet et de ses éventuelles retombées.
Les griefs d’Eco-Sud
L’affaire, introduite par Eco-Sud en novembre 2024, porte principalement sur le permis environnemental, ou Environmental Impact Assessment (EIA), accordé à Le Bouchon Development Company Ltd pour la première phase d’un vaste projet de développement évalué à plus de Rs 7 milliards.
Le ministère de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique ainsi que le ministère de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche sont également parties défenderesses.
Eco-Sud soutient que l’étude environnementale réalisée ne permet pas d’évaluer l’ensemble des conséquences du développement envisagé. L’organisation estime qu’une Strategic Environmental Assessment aurait été nécessaire afin d’analyser les effets cumulés de l’ensemble du projet de Smart City, plutôt que de limiter l’évaluation à la première phase hôtelière.
L’ONG soulève également des inquiétudes concernant les éventuels impacts sur les zones côtières, les zones humides, les ressources naturelles et les écosystèmes marins. Elle estime qu’un développement d’une telle ampleur pourrait exercer une pression importante sur un environnement déjà fragile.
Un projet de plus de Rs 7 milliards
Le projet est porté par Le Bouchon Development Company Ltd, filiale du Sugar Investment Trust, en partenariat avec Curzon Holdings (Mauritius) Ltd.
La première phase prévoit notamment la construction d’un hôtel cinq étoiles de 200 chambres. Cet établissement doit constituer la première composante d’une Smart City plus vaste comprenant des villas, des résidences, des espaces commerciaux, des bureaux, un supermarché, un beach club résidentiel ainsi que d’autres infrastructures touristiques et résidentielles.
Les promoteurs contestent les arguments avancés par Eco-Sud et soutiennent que la législation environnementale a été respectée et que le permis EIA a été délivré conformément aux procédures en vigueur. Ils présentent le projet comme un important levier de développement économique pour le sud de l’île, avec des investissements conséquents, la création d’emplois directs et indirects ainsi que des retombées attendues pour les entreprises et les communautés locales.
Les promoteurs mettent en avant la durabilité
Dans la présentation du projet, Le Bouchon Development Company Ltd affirme vouloir accorder une attention particulière à la protection de l’environnement durant les phases de construction, d’occupation et de maintenance. Le promoteur indique vouloir limiter la production de déchets, favoriser le recyclage et réduire la consommation de ressources naturelles. Il met également en avant la volonté de minimiser l’impact environnemental de la conception et de la construction des infrastructures.
Des solutions de transport destinées à réduire l’empreinte carbone sont également prévues. La gestion à long terme du site et de ses installations doit, selon les promoteurs, faire partie intégrante du développement.
L’affaire doit se poursuivre devant l’Environmental and Land Use Appeal Tribunal les mardi 21 et jeudi 23 juillet.Lors de la prochaine audience, Eco-Sud, représentée par son Chief Executive Officer, Sebastien Sauvage, doit notamment poursuivre sa présentation devant le tribunal.
Les audiences porteront sur la continuation de l’affaire Eco-Sud v/s Minister of Environment, Solid Waste Management and Climate Change, dans laquelle Le Bouchon Development Company Ltd, le ministère de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique ainsi que le ministère de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche figurent parmi les parties concernées. Les débats devraient se poursuivre autour des arguments liés au permis EIA, à la procédure suivie avant sa délivrance ainsi qu’aux impacts environnementaux potentiels du projet.

