Présidentielle française de 2027 : qui sera le prochain président après Emmanuel Macron ?

ByRédaction

August 12, 2026

À moins d’un an de l’élection présidentielle française, la bataille pour l’Élysée est déjà pleinement engagée. Emmanuel Macron ne pouvant briguer un troisième mandat consécutif, la France s’apprête à tourner une page ouverte en 2017. Marine Le Pen, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann ou encore Dominique de Villepin : les prétendants sont nombreux. Mais dans un paysage politique profondément fragmenté, une question domine déjà la campagne : qui sera capable de se qualifier face au Rassemblement national au second tour ?

Les Français ont désormais rendez-vous avec les urnes les 18 avril et 2 mai 2027. Le premier tour permettra de départager une multitude de candidats avant un duel décisif deux semaines plus tard. Le scrutin sera historique : pour la première fois depuis dix ans, Emmanuel Macron ne figurera pas sur les bulletins de vote. Élu en 2017 puis réélu en 2022, l’actuel président ne peut en effet exercer trois mandats consécutifs. Sa succession ouvre donc une bataille politique d’une ampleur considérable, d’autant que les trois grands blocs qui structurent désormais la vie politique française  RN, bloc central et gauche  abordent l’échéance dans des situations très différentes.

Le RN part avec une longueur d’avance

C’est le Rassemblement national qui apparaît, à ce stade, en position de force. Crédité de plus de 30 % dans plusieurs configurations testées par les sondages, le parti semble disposer d’un socle électoral suffisamment important pour envisager sérieusement une nouvelle qualification au second tour. Marine Le Pen a annoncé sa candidature après la décision rendue en juillet dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Mais l’incertitude judiciaire n’est pas totalement levée puisque la Cour de cassation doit encore se prononcer sur son pourvoi.

À ses côtés, Jordan Bardella reste la solution de remplacement évidente du RN si un obstacle devait finalement empêcher Marine Le Pen d’aller jusqu’au bout. Le président du parti s’est imposé ces dernières années comme l’une des figures centrales de la droite nationale française. La grande interrogation n’est donc plus seulement de savoir si le RN peut accéder au second tour. Elle est désormais de déterminer qui pourrait l’empêcher de conquérir l’Élysée.

Philippe-Attal : le duel pour l’héritage du centre

Dans le camp central, deux anciens Premiers ministres se livrent une bataille qui pourrait devenir déterminante : Édouard Philippe et Gabriel Attal. Candidat depuis 2024, Édouard Philippe tente de construire une candidature dépassant le seul héritage macroniste. L’ancien Premier ministre veut séduire le centre mais également une partie de la droite traditionnelle. Il met notamment l’accent sur le redressement des finances publiques, le travail, la sécurité et l’équilibre du système des retraites. Il propose également une « règle d’or » budgétaire inscrite dans la Constitution par référendum.

Face à lui, Gabriel Attal joue la carte du renouvellement générationnel. L’ancien Premier ministre a identifié quatre grandes priorités : l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle.Il veut notamment rendre le brevet obligatoire pour accéder au lycée, renforcer l’autorité des enseignants, intégrer davantage l’IA dans l’éducation et réduire l’écart entre salaire brut et salaire net.Le problème pour le centre est évident : plusieurs candidatures concurrentes pourraient disperser les voix. Gérald Darmanin reste une personnalité incontournable, tandis que Dominique de Villepin construit progressivement sa propre offre politique. David Lisnard est également candidat et Xavier Bertrand continue d’afficher ses ambitions.

Retailleau veut reconstruire une droite indépendante

Entre le bloc central et le RN, Bruno Retailleau tente de faire exister une droite classique autonome. Désigné candidat des Républicains, il veut reconquérir les électeurs partis vers le Rassemblement national.Immigration, sécurité, autorité de l’État, réduction des dépenses publiques et rupture avec ce qu’il considère comme un modèle social trop coûteux constituent les principaux marqueurs de son positionnement.

Mais la droite reste traversée par plusieurs ambitions présidentielles et par un débat stratégique majeur : faut-il partir seule, s’allier avec le centre ou se rapprocher davantage de l’électorat du RN ?

À gauche, la bataille du candidat unique

La situation est encore plus complexe à gauche. Jean-Luc Mélenchon a pris de l’avance en lançant une nouvelle candidature. Fort de ses résultats de 2017 et 2022, le leader de La France insoumise veut convaincre les électeurs qu’il constitue le seul « vote utile » permettant à la gauche d’accéder au second tour. Son programme reste fondé sur une forte redistribution des richesses, une fiscalité accrue sur les plus hauts revenus et les grandes entreprises, le pouvoir d’achat, le logement et la planification écologique.

Mais une autre gauche tente de s’organiser.

Raphaël Glucksmann apparaît comme l’un des prétendants les mieux placés dans l’espace social-démocrate. François Hollande entretient également le suspense sur un éventuel retour, tandis que Bernard Cazeneuve, François Ruffin, Jérôme Guedj, Ségolène Royal ou encore Fabien Roussel veulent peser dans la recomposition.

La question est donc la même qu’au centre : comment éviter l’émiettement des candidatures ?

Une présidentielle qui pourrait entraîner des législatives

L’élection du nouveau chef de l’État pourrait n’être que le premier acte d’une recomposition politique beaucoup plus profonde.

L’Assemblée nationale actuelle est théoriquement élue jusqu’en 2029. Mais le prochain président pourrait décider de la dissoudre rapidement afin de tenter d’obtenir une majorité correspondant au résultat de la présidentielle.Une dissolution prononcée après l’investiture pourrait ainsi conduire les Français à retourner aux urnes dès juin 2027 pour des élections législatives anticipées. Le véritable enjeu serait alors double : gagner l’Élysée, puis gagner l’Assemblée nationale.

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