Le président français Emmanuel Macron a affirmé que la France ne prendra jamais part à des opérations visant à débloquer le détroit d’Hormuz dans le contexte actuel de hostilités au Moyen-Orient, s’éloignant des propos tenus lundi par le président américain Donald Trump, qui avait suggéré que Paris pourrait contribuer aux efforts soutenus par Washington.
« Nous ne faisons pas partie du conflit et, par conséquent, la France ne participera à aucune opération pour ouvrir ou libérer le détroit d’Hormuz dans le contexte actuel », a déclaré Macron en ouverture d’un conseil des ministres consacré aux tensions régionales.
La France travaille toutefois à mettre en place une coalition internationale pour sécuriser le détroit une fois que la situation se sera calmée. « Nous sommes convaincus qu’une fois que la situation aura apaisé — c’est-à-dire après la fin des principaux bombardements — nous serons prêts, avec d’autres nations, à assurer un système d’escorte pour les navires », a ajouté le président français.
Depuis l’escalade du conflit impliquant les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a conduit l’Iran à frapper des bases américaines, Israël et plusieurs États du Golfe, les États européens ont été largement marginalisés. Les lignes maritimes affectées et la hausse des prix du pétrole ont néanmoins poussé les puissances européennes à chercher des solutions pour protéger leurs intérêts commerciaux et énergétiques.
Selon des responsables français, la France a consulté ces derniers jours des États européens, asiatiques — dont l’Inde — et des pays arabes du Golfe, afin de préparer un plan pour que des navires de guerre puissent escorter les tankers et navires commerciaux. Mais ce dispositif reste complexe, nécessitant la coordination politique, technique et la consultation de tous les acteurs du transport maritime, y compris les assureurs et opérateurs.
« Toute mission potentielle pour protéger le détroit d’Hormuz nécessitera un cessez-le-feu ou une réduction des hostilités, ainsi que des négociations préalables avec l’Iran. Elle devra être internationale et conjointe », a souligné un responsable militaire français.
Face aux pressions américaines pour mobiliser les alliés, la France se dissocie des opérations américaines et israéliennes, agissant de manière indépendante. L’Union européenne, pour sa part, concentre ses activités navales sur la mission Aspides dans la mer Rouge, lancée en 2024 pour protéger les navires contre les attaques des Houthis alignés avec l’Iran. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont récemment décidé de ne pas prolonger cette mission au-delà de son mandat actuel.

