La présence du Dr Sookha dans le bloc opératoire lors de l’intervention chirurgicale subie par le ministre de la Santé, Anil Bachoo, était au cœur de la PNQ à l’Assemblée nationale. Interrogé sur le rôle exact du médecin privé, le Premier ministre Navin Ramgoolam a confirmé que le Dr Sookha, initialement présenté comme un observateur, est finalement intervenu dans la procédure. « Le Dr Sookha était présent, dans un premier temps, en qualité d’observateur. Mais au moment où la décision d’opérer a été prise, son expertise en chirurgie mini-invasive, communément appelée « keyhole surgery », aurait été sollicitée», a -t-il affirmé.
Navin Ramgoolam a expliqué que le spécialiste avait alors estimé qu’il serait préférable d’avoir recours à une technique mini-invasive plutôt qu’à une intervention classique nécessitant une incision plus importante. C’est dans ce contexte que le Dr Sookha serait intervenu dans l’opération.
Le leader de l’opposition a soutenu que le ministre de la Santé avait induit le public en erreur en affirmant que le Dr Sookha n’était qu’un observateur.
« Il était sous anesthésie, il ne savait probablement pas ce qui se passait », a lancé le Premier ministre.
Autre élément révélé durant la PNQ. Il n’existe actuellement pas de protocole formel définissant précisément les conditions dans lesquelles un médecin privé peut venir assister ou intervenir auprès d’un patient dans un hôpital public. Dans certains cas, ces arrangements peuvent être décidés verbalement. Le Premier ministre a toutefois expliqué qu’il pourrait être nécessaire de revoir cette pratique et d’envisager la mise en place d’un protocole. Il a néanmoins souligné qu’une procédure trop lourde pourrait, dans certaines situations urgentes, entraîner des délais préjudiciables au patient.
« Le consentement du chirurgien et du patient »
Dans sa réponse principale, Navin Ramgoolam avait expliqué que la loi n’interdit pas à un médecin privé d’être présent lors d’une intervention dans un hôpital public. Toutefois, cette présence ne constitue pas un droit automatique.
Selon lui, la participation d’un médecin privé doit notamment être approuvée par le chirurgien responsable de l’intervention et se faire avec le consentement du patient. Les exigences relatives à la sécurité du patient, à la confidentialité et au fonctionnement du bloc opératoire doivent également être respectées.
Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de recourir à des compétences spécialisées lorsque celles-ci font défaut à Maurice.
Plus de 1 300 interventions spécialisées
Pour défendre cette pratique, Navin Ramgoolam a indiqué que le recours à des spécialistes du secteur privé ou venant de l’étranger n’est pas nouveau dans les hôpitaux publics.
Selon les chiffres communiqués à l’Assemblée nationale, quelque 60 équipes médicales spécialisées, représentant environ 100 médecins, auraient effectué des missions à Maurice au cours des 18 dernières années. Ces équipes auraient réalisé plus de 2 500 consultations et plus de 1 300 interventions chirurgicales complexes dans les établissements publics.
Le Premier ministre a également cité plusieurs spécialistes mauriciens et étrangers ayant contribué à des interventions spécialisées, notamment en ophtalmologie, chirurgie vasculaire, chirurgie maxillo-faciale et implants cochléaires.
Pas de commission d’enquête
Sur la demande visant à instituer une commission d’enquête sur l’opération du ministre de la Santé, Navin Ramgoolam a estimé que les faits présentés ne justifiaient pas une telle démarche.
La demande de voir Anil Bachoo se retirer de ses fonctions dans l’attente d’une éventuelle enquête ne se pose donc pas, selon le Premier ministre.

