Billet gratuit : l’ombre de Maradiva derrière un certain Ramdhayan Roodraduth

ByRédaction

December 1, 2025


• L’univers du luxe, de la maroquinerie et de la distribution haut de gamme privée passe    pour promoteur touristique

Au cœur du scandale des billets gratuits distribués par la MTPA, un nom retient particulièrement l’attention des enquêteurs : celui de Ramdhayan Roodraduth. Et la question centrale devient la suivante : comment cet homme sans aucun lien avec la promotion touristique a-t-il pu bénéficier d’un billet Paris–Maurice–Paris d’une valeur avoisinant les Rs 100 000, financée par les contribuables ?

Un voyage juste avant les élections

Dans la liste interne et confidentielle des bénéficiaires de billets gratuits attribués via les interventions de Savin Teeha, ancien Tourism Promotion Officer à la MTPA, le nom de Roodraduth ressort avec une intensité particulière. Il a voyagé Charles-de-Gaulle / Maurice / Charles-de-Gaulle le 22 octobre 2024, soit quelques jours seulement avant les élections générales. Le timing soulève de sérieux soupçons.

Zadig & Voltaire comme couverture administrative

La demande de billet aurait été formulée par Teeha, au nom de « Comité Enterprise Zadig & Voltaire ». Une appellation qui n’a rien d’un organe touristique, et qui renvoie plutôt au monde du luxe, de la maroquinerie et de la distribution haut de gamme un univers lié à Maurice par le groupe Maradiva et son cercle d’affinités, comprenant les familles Ramdanee et Jugnauth.

Dès lors, une interrogation fondamentale prend forme : ce billet relevait-il réellement d’une mission officielle de promotion touristique, ou s’agissait-il d’un geste de complaisance envers des proches du pouvoir ? La somme de Rs 95 667 ayant été entièrement puisée dans les fonds publics normalement destinés à faire rayonner la destination Maurice à l’international.

300 billets et un réseau invisible

Entre 2023 et novembre 2024, ce sont plus de 300 billets gratuits qui auraient été distribués via la MTPA pour un total estimé à Rs 18 millions, officiellement justifiés par la promotion de Maurice.

Mais l’enquête montre que ces billets ont servi à des voyages de convenance pour :

  • des proches du MSM,
  • des membres de familles élargies,
  • des déplacements familiaux travestis en missions professionnelles,
  • des influenceurs sans contenu concret,
  • et même  dans certains cas  des enfants ou des personnes sans la moindre activité liée au tourisme.

Les enquêteurs constatent que la grande majorité des bénéficiaires n’avait aucun lien fonctionnel ni professionnel avec la promotion touristique.

L’ascension de Savin Teeha

Au centre de cette mécanique apparaît Savin Teeha. Il fut d’abord Housekeeping Supervisor au Maradiva, puis employé du Sofitel, avant d’accéder au poste hautement stratégique de Tourism Promotion Officer à la MTPA. Un rôle lui offrant un pouvoir étendu, autant dans les démarches à l’étranger que dans l’octroi de billets. Selon les éléments recueillis, il aurait construit un système sélectif de distribution des billets en coordination avec l’ancien directeur de la MTPA, actionnant ses connexions internes et externes.

Le séjour très confortable de Marion Granat

Un épisode parallèle concerne Marion Granat, directrice d’Interface Tourism, qui  entre le 24 janvier et le 5 février  aurait bénéficié de billets gratuits pour elle et pour des membres de son entourage : Adèle Granat, Léa Anabelle Granat, Mathieu Paillaud et Lola Myriam Paillaud.

Officiellement, cette mission devait produire des contenus visuels et éditoriaux pour la promotion de Maurice. Mais les éléments rassemblés suggèrent plutôt un séjour à dominante personnelle, avec activités de loisirs, sorties et confort balnéaire. Une fois encore, les validations internes auraient été facilitées par Teeha.

Vers des arrestations imminentes dans le réseau MTPA

À mesure que l’enquête avance, elle met en lumière un système où le réseau de billets gratuits a servi des intérêts privés et familiaux, bien plus que l’intérêt national. Les enquêteurs de la FCC auront désormais la lourde tâche de démêler ces connexions, d’identifier les bénéficiaires de complaisance et de déterminer si nous faisons face à un simple dysfonctionnement administratif ou à un détournement systématique de fonds publics. Dans les milieux concernés, on évoque déjà des arrestations imminentes et des convocations à venir, signe que la procédure pourrait entrer rapidement dans une phase judiciaire.