EDB : la nomination de Rajah Ramdaursingh suspendue à un bras de fer sur son salaire

ByRédaction

July 13, 2026

Le choix du gouvernement pour diriger l’Economic Development Board (EDB) est aujourd’hui au cœur d’une controverse. Près d’un mois après l’annonce de sa nomination, Geerja Shankar Rajah Ramdaursingh n’a toujours pas pris ses fonctions de Chief Executive Officer (CEO), sa demande de rémunération étant jugée excessive dans certains milieux gouvernementaux.

La nomination de Geerja Shankar Rajah Ramdaursingh à la tête de l’Economic Development Board (EDB) devait marquer le début d’une nouvelle étape pour l’organisme chargé de promouvoir l’investissement, l’attractivité économique et le développement international de Maurice. Pourtant, près d’un mois après la décision du conseil des ministres, le dossier demeure dans l’impasse. En cause : les discussions autour du salaire réclamé par le futur CEO, une demande considérée comme « indécente » par certains responsables de l’administration.

Le Conseil des ministres avait donné son aval, le vendredi 12 juin 2026, à la nomination de Geerja Shankar Rajah Ramdaursingh, GOSK, au poste de Chief Executive Officer de l’EDB. Toutefois, cette décision n’a toujours pas été concrétisée, les négociations sur les conditions financières de son contrat n’ayant pas encore abouti. Au bâtiment du Trésor, le message est clair. Certains responsables estiment que le niveau de rémunération demandé ne correspond pas au contexte actuel, marqué par un appel à la responsabilité et à la modération dans la gestion des ressources publiques. « On ne sait pas encore ce qui va se passer avec sa nomination. Mais une chose est certaine : cette demande de hausse salariale est jugée indécente », confie une source proche du dossier.

Selon ces mêmes sources, le gouvernement souhaite envoyer un signal de cohérence dans sa politique de maîtrise des dépenses publiques. À une période où l’exécutif insiste sur la solidarité et l’exemplarité dans la gestion des fonds de l’État, une augmentation salariale jugée importante pourrait être difficilement justifiable. « L’ancien CEO n’avait pas demandé de hausse salariale », souligne également une source gouvernementale, en référence à la précédente direction de l’institution.

Un profil international pour un poste stratégique

La controverse autour de sa rémunération ne remet toutefois pas en cause le parcours professionnel de Geerja Shankar Rajah Ramdaursingh, considéré comme une personnalité chevronnée dans les domaines de la finance et de l’investissement. Fort de près de quatre décennies d’expérience à Maurice et à l’international, il est expert-comptable de formation, gestionnaire de fonds et spécialiste du financement d’entreprises. Son parcours l’a conduit à travailler à Londres ainsi que sur plusieurs marchés émergents en Asie, en Afrique et en Amérique centrale.

Son expérience dans le secteur financier lui a permis d’occuper plusieurs fonctions de premier plan. Il a notamment présidé le conseil d’administration de la State Bank of Mauritius (SBM) entre 2007 et 2010. Durant cette période, il s’est également illustré par la mise en place du programme de bourses de la SBM, une initiative qui a bénéficié à près de 3 000 étudiants mauriciens.

Sur le plan international, il a participé à la création et à la gestion de plusieurs fonds de capital-investissement en Asie, en Afrique et en Amérique centrale au sein de CDC, devenu par la suite Actis. Il a également dirigé un fonds coté à la Bourse de Londres et contribué au développement du premier fonds de capital-risque établi à Maurice. Ce parcours a largement pesé dans le choix du gouvernement, qui voit en lui un profil capable d’accompagner la transformation économique du pays dans un environnement international de plus en plus concurrentiel pour attirer les investissements étrangers.

Une succession attendue après le départ de Mahen Kundasamy

Geerja Shankar Rajah Ramdaursingh est appelé à succéder à Mahen Kundasamy, qui avait annoncé son départ de l’EDB lors d’une réunion du conseil d’administration tenue en mars dernier.Nommé CEO de l’institution le 2 mai 2025, Mahen Kundasamy n’aura finalement dirigé l’EDB qu’une dizaine de mois avant de quitter ses fonctions. La nomination de son successeur intervient à une étape importante pour l’organisme. L’EDB joue un rôle central dans la stratégie économique du pays, notamment en matière de promotion des investissements, d’accompagnement des entreprises et de développement de nouveaux secteurs d’activité.

Mais avant de pouvoir prendre officiellement les commandes de l’institution, un accord devra être trouvé sur les conditions de son engagement. La question salariale constitue désormais le principal obstacle à la finalisation de sa nomination. Si son expertise financière et son expérience internationale sont largement reconnues, les autorités devront trouver un équilibre entre l’attractivité d’un poste stratégique, la reconnaissance d’un profil de haut niveau et les exigences de discipline budgétaire affichées par le gouvernement.

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