Répondant à la Private Notice Question (PNQ) du Leader de l’opposition, le Premier ministre Navin Ramgoolam a fermement rejeté les accusations selon lesquelles le comité d’experts chargé de la réforme des pensions serait sous l’influence du secteur privé. Il a défendu l’indépendance des membres du comité, affirmant que leur rôle se limite à fournir des avis spécialisés et techniques au gouvernement.
Le Premier ministre a soutenu que les accusations de « contrôle par le privé » étaient infondées, qualifiant ces affirmations de « fausses » et relevant de la « démagogie ». Selon lui, les membres du comité ont été sélectionnés en raison de leurs compétences dans des domaines essentiels tels que les sciences actuarielles, l’économie et les statistiques, et non en fonction de leurs affiliations professionnelles.
Une réforme jugée incontournable pour assurer la pérennité du système
Navin Ramgoolam a insisté sur la nécessité d’une réforme du système de retraite face à l’évolution des dépenses publiques liées aux pensions, notamment la Basic Retirement Pension (BRP), soit la pension universelle non contributive.
Il a rappelé que des projections du Fonds monétaire international (FMI) avaient déjà mis en garde contre la progression des dépenses liées à la BRP, qui pourraient atteindre un niveau difficilement soutenable à long terme, représentant environ 8 % du produit intérieur brut (PIB).
Pour le Premier ministre, ces projections démontrent l’urgence d’une réflexion structurée afin de garantir la viabilité du système de pension. Il a rejeté l’idée qu’il serait possible de maintenir le modèle actuel sans ajustement, estimant qu’une réforme responsable est nécessaire pour préserver les acquis sociaux.
Un comité chargé de revoir les trois piliers du système de pension
La création du comité d’experts, annoncée dans le cadre du Budget 2025-2026, s’inscrit dans une démarche visant à revoir l’ensemble de l’architecture du système de retraite mauricien, notamment l’avenir du National Pension Fund (NPF), après l’introduction controversée de la Contribution Sociale Généralisée (CSG).
Le Premier ministre a rappelé que l’ancien ministre des Finances avait reconnu que la CSG avait suscité des difficultés pour certains contribuables. Il a également évoqué les positions défendues à l’époque par l’ancien Premier ministre Pravind Jugnauth, qui avait présenté cette réforme fiscale comme une mesure favorable aux travailleurs.
À la suite d’une réunion du Cabinet tenue le 26 septembre 2025, la création d’un comité d’experts et d’un comité de pilotage a été approuvée. Les termes de référence du comité ont été préparés en consultation avec des institutions internationales, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.
Le mandat du comité porte sur l’examen des trois piliers du système de pension : les pensions de base non contributives, incluant la pension de retraite universelle ; les régimes contributifs ; ainsi que les mécanismes privés volontaires, tels que les plans individuels d’épargne retraite et les régimes professionnels proposés par les employeurs.
Des experts choisis pour leurs compétences
Le Premier ministre a insisté sur le fait que la réforme des pensions constitue un dossier hautement technique nécessitant des compétences spécialisées.
Il a précisé que les membres du comité ont été nommés à titre personnel, en qualité d’experts indépendants, et non comme représentants d’institutions ou d’intérêts particuliers.
Navin Ramgoolam a rappelé que le comité est présidé par Nureshkumar (Ashok) Prayag, ancien lauréat et diplômé en sciences actuarielles. Il comprend également Bernard Yen, actuaire reconnu et diplômé en mathématiques et informatique de l’Université de Liverpool ; Yvan Legris, spécialiste en économie et sciences actuarielles diplômé de la London School of Economics ; Dr Azad Jeetun, économiste et ancien directeur de la Mauritius Employers Federation ; Dr Verena Tandrayen-Ragoobur, économiste et Associate Professor en économie à l’Université de Maurice ; Sattar Jackaria, actuaire et CEO d’Eagle Insurance Limited ; ainsi que Li Fa (Aimé) Cheung Kai Suet, statisticienne et ancienne directrice de Statistics Mauritius.
Le mandat de ces experts est prévu pour une durée de 18 mois à compter d’octobre 2025.
Concernant un éventuel remplacement des membres du comité, le Premier ministre a maintenu que le recours à des experts indépendants était indispensable pour mener à bien une réforme aussi complexe.
Il a rappelé que le comité n’a pas vocation à prendre des décisions politiques ou administratives, mais à formuler des recommandations basées sur des analyses techniques.

