Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux suscite la polémique autour des conditions de détention à la prison centrale de Beau-Bassin. On y voit plusieurs détenus réunis autour d’une table, parmi Rudolf Derek Jean Jacques, alias « Gros Derek », qui est actuellement en détention après avoir été condamné à 32 ans de prison pour son rôle de cerveau dans un réseau d’importation de drogue. Certains parmi les détenus semblent manipuler des substances présentées, dans les allégations diffusées en ligne, comme pouvant être du tabac ou des stupéfiants.
La vidéo soulève également des interrogations sur la présence de téléphones cellulaires avec accès à Internet dans l’enceinte pénitentiaire, ainsi que sur la possibilité pour des détenus de se livrer à de telles activités sans être inquiétés.
Dans une mise au point, la Mauritius Prison Service (MPS) réfute toutefois les accusations diffusées sur une page Facebook, les qualifiant de « fausses et trompeuses ». Selon le service pénitentiaire, une évaluation interne aurait conclu qu’aucun élément ne permet d’établir la présence de stupéfiants ou l’existence d’un trafic organisé.
Concernant le contenu de la vidéo, la MPS affirme que la substance présentée comme de la drogue serait en réalité une cigarette ainsi qu’une poudre de médicament antibiotique écrasée et transformée en pâte. Des informations recueillies dans le milieu carcéral indiquent, de leur côté, que les antibiotiques
auraient été destinés à un détenu souffrant de problèmes de peau, notamment de la gale.
La MPS rejette également les accusations visant certains officiers pénitentiaires. Elle affirme qu’aucune preuve ne vient étayer les allégations de complicité ou de protection d’activités illicites au sein de la prison.
Le service pénitentiaire soutient par ailleurs que la page Facebook à l’origine de certaines accusations aurait été créée par un détenu actuellement incarcéré à la prison centrale. Le but présumé serait de créer des tensions entre détenus et de perturber la discipline au sein de l’établissement.
La Mauritius Prison Service rappelle appliquer une politique de tolérance zéro à l’égard de la contrebande, de la corruption et de toute violation de la discipline carcérale. Elle réaffirme son engagement à maintenir des établissements sécurisés et précise que toute accusation crédible fera l’objet d’une enquête.
Le Commissaire des prisons, le CP Beekun, a également appelé à la prudence face aux images diffusées en ligne. « Il ne faut pas que le public prenne cela pour le quotidien dans les prisons. », lance-t-il.

