Face aux défis croissants liés au changement climatique et à l’évolution des pratiques agricoles, l’avenir de l’industrie sucrière reposera sur l’innovation, la recherche scientifique et l’adoption de nouvelles technologies. C’est le message lancé par le ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, Dr Arvin Boolell, lors d’une journée de démonstration consacrée aux variétés de canne à sucre organisée par la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA) à Réduit.
Cette rencontre, organisée en collaboration avec le ministère de l’Agro-industrie, visait à présenter aux planteurs les dernières avancées développées dans le secteur sucrier et à leur permettre de mieux comprendre les solutions disponibles pour améliorer la productivité et renforcer la résilience des cultures.
Les planteurs présents ont pu découvrir trois nouvelles variétés de canne à sucre développées par la MCIA, adaptées aux conditions locales et issues d’un processus de recherche visant à identifier des variétés plus performantes face aux contraintes environnementales et agricoles.
La journée a également permis de présenter des innovations liées à la production agricole, notamment la fabrication de compost à grande échelle ainsi qu’une démonstration de l’utilisation de drones pour l’application de produits de maturation, illustrant l’importance croissante de la technologie dans la modernisation des pratiques culturales.
La science comme outil d’aide à la décision
Dans son intervention, le Dr Arvin Boolell a insisté sur l’importance de rapprocher la recherche scientifique des réalités du terrain. Il a encouragé les planteurs à profiter de ces plateformes d’échange pour dialoguer avec les chercheurs et les spécialistes afin d’accéder à des informations fiables et actualisées.
Selon lui, les décisions prises sur la base de données scientifiques seront essentielles pour permettre aux planteurs de choisir les variétés les mieux adaptées à leurs conditions spécifiques, notamment en matière de type de sol et de disponibilité en eau.
« Les choix basés sur la science seront déterminants face aux défis climatiques », a souligné le ministre, rappelant que les effets du changement climatique imposent une adaptation constante des méthodes de production agricole.
Créer davantage de valeur autour du sucre mauricien
Le ministre a également évoqué les opportunités offertes par les marchés de niche, particulièrement pour les sucres spéciaux, grâce aux relations commerciales existantes avec des partenaires comme la Chine et l’Inde.
Pour le ministre Arvin Boolell, malgré les difficultés auxquelles fait face l’industrie sucrière, la création de valeur ajoutée représente une voie importante pour assurer sa pérennité et renforcer sa compétitivité sur les marchés internationaux.
Il a par ailleurs salué le travail accompli par les planteurs et réaffirmé l’engagement du gouvernement à soutenir le secteur. Il a également abordé les défis rencontrés par le Sugar Investment Trust, soulignant la nécessité de renforcer la capacité d’adaptation de l’ensemble de la filière.
Une stratégie de relance pour atteindre les objectifs de production
De son côté, le directeur général de la MCIA, Dr Suman Seeruttun, a présenté plusieurs mesures visant à revitaliser l’industrie sucrière, parmi lesquelles la remise en culture de terres agricoles abandonnées, l’introduction prochaine de main-d’œuvre étrangère pour répondre aux besoins du secteur et le développement de nouveaux systèmes d’irrigation.
Ces initiatives devraient contribuer à soutenir l’objectif national de production de 250 000 tonnes de sucre, tout en accompagnant la transformation d’une industrie historique vers un modèle plus moderne, durable et résilient.

